Archives des Hiver 2020 - Contact http://www.contact.ulaval.ca La zone d'échange entre l'Université, ses diplômés, ses donateurs et vous. Mon, 02 Mar 2020 19:23:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.8.1 5 trucs pour gérer ses finances http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/5-trucs-pour-gerer-ses-finances/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/5-trucs-pour-gerer-ses-finances/#respond Wed, 26 Feb 2020 18:30:38 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008249 En cette ère de crédit très accessible et de consommation effrénée, il peut être facile de perdre le contrôle de ses finances. D’ailleurs, dans un sondage pancanadien réalisé en avril 2019 par Ipsos pour le compte de Banque Manuvie, un …

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En cette ère de crédit très accessible et de consommation effrénée, il peut être facile de perdre le contrôle de ses finances. D’ailleurs, dans un sondage pancanadien réalisé en avril 2019 par Ipsos pour le compte de Banque Manuvie, un tiers des répondants déclaraient que leurs dépenses augmentent plus rapidement que leurs revenus. Pourquoi se démener pour survivre à ses paiements quand il est possible, en appliquant quelques règles, d’avoir une bonne santé financière? Stéphane Chrétien, professeur au Département de finance, assurance et immobilier, et titulaire de la Chaire IG Gestion de patrimoine en planification financière, donne quelques conseils pour une meilleure gestion de ses économies.

1-Déterminer ses besoins et se fixer des objectifs
«Analyser ses besoins est à la base d’une bonne planification financière», déclare Stéphane Chrétien. Or, pour y voir plus clair, rien de mieux que d’établir un budget. «En relevant toutes ses dépenses, on arrive plus aisément à remettre en question leur pertinence, dit-il. Par exemple, les abonnements pour des divertissements en ligne ne coûtent que quelques dollars par mois, mais, accumulés, ils peuvent représenter une petite fortune.» Faire un budget permet également de se fixer des objectifs à court et à long termes. Et l’exercice n’est pas sorcier! Les institutions financières offrent maintenant plusieurs outils en ligne pour tenir un budget.

Le professeur rappelle que ces besoins et ces objectifs fluctuent avec les années, notamment les besoins en assurance. «Les parents de jeunes enfants, illustre-t-il, ont davantage intérêt que les aînés à posséder une bonne assurance invalidité.» Il suggère donc de refaire un budget lorsqu’un événement survient: nouvel emploi, naissance d’un enfant, achat d’un bien immobilier, etc. Bref, les moments importants de la vie sont une belle occasion de repenser la gestion de ses finances.

2-Prendre l’habitude d’épargner
Qui ne rêve pas de vacances dans un endroit paradisiaque ou d’une retraite aisée? Or, ces projets ne sont pas utopiques si on met régulièrement de l’argent de côté. L’épargne permet de s’offrir de petits plaisirs sans recourir à l’endettement, en plus de produire un enrichissement à long terme. «Plus on commence tôt à épargner, plus on profite financièrement de ses économies. Avec l’intérêt composé, c’est-à-dire l’intérêt généré à partir de l’intérêt antérieur, l’épargne s’accumule par elle-même. L’argent travaille alors pour nous!», explique le professeur Chrétien.

Est-il plus profitable d’épargner que de payer ses dettes? «Si on doit choisir entre épargner ou faire des versements sur sa carte de crédit, le choix est facile: on rembourse la dette. Par contre, ce n’est pas aussi simple devant de “bonnes” dettes, comme les dettes d’études et les hypothèques. Il faut comparer les taux d’intérêt du placement et de la dette.

3-Profiter des crédits d’impôt
Les règles de la fiscalité ne sont pas simples, mais se familiariser avec elles peut être payant. «Bien sûr, ici, on ne parle pas d’évasion fiscale, souligne Stéphane Chrétien, mais des incitatifs légaux mis en place par les gouvernements pour réduire son impôt.» Tirer bénéfice de ces mesures permet souvent de disposer de revenus supplémentaires à partir d’actions qu’on ferait de toute façon. «Par exemple, dit-il, les parents qui paieront les études de leurs enfants ont tout avantage à cotiser à un REEE, afin d’obtenir des bonis du gouvernement et de voir leurs économies grandir à l’abri de l’impôt.»

Il suffit donc de s’assurer qu’on demande tous les crédits d’impôt auxquels on a droit, comme ceux pour les activités physiques des enfants et pour les frais médicaux. Se prévaloir du crédit pour la rénovation verte peut aussi être très intéressant.

4-Choisir les bons produits financiers
Si plusieurs trouvent du plaisir à «magasiner» une auto ou un téléviseur – passant des heures à comparer les modèles et leur prix –, rares sont ceux qui aiment en faire autant pour leurs produits financiers. «Pourtant, indique le professeur Chrétien, bien choisir ces produits a une incidence beaucoup plus grande que le fait d’économiser quelques centaines de dollars à l’achat d’un nouveau véhicule.» Les produits financiers, explique-t-il, ce sont les produits de placement, d’assurance et ceux dits mixtes, c’est-à-dire qui combinent placement et assurance. «Or, ajoute-t-il, certains placements valent des dizaines de milliers de dollars à la retraite. Il importe donc de ne pas signer le premier contrat proposé et de comparer les produits.»

Pour les produits d’assurance, Stéphane Chrétien recommande de bien analyser les risques couverts, alors que, pour ceux de placement, il suggère de s’attarder aux frais de gestion.

5-Faire appel à un professionnel
Un conseiller financier aidera à tirer le maximum des quatre stratégies précédentes. «Par exemple, il saura calculer les besoins à la retraite, encourager l’épargne, éduquer en matière d’impôt et suggérer les meilleurs produits financiers. Ce professionnel a donc plusieurs rôles: guider, éduquer, conseiller, encourager, discipliner…», précise Stéphane Chrétien.

Est-il important de faire affaire avec un conseiller indépendant? «Non, répond le professeur, le conseiller affilié à une institution financière est tenu de guider honnêtement son client. De plus, les institutions offrent des produits assez semblables et concurrentiels.» Par contre, il est essentiel de vérifier, sur le site de l’Autorité des marchés financiers, si le professionnel, qu’il soit indépendant ou non, est autorisé à exercer dans le domaine. «Par le passé, révèle-t-il, quelques scandales ont éclaté parce que certaines personnes ont promis des produits qu’elles n’étaient pas autorisées à vendre.» La prudence est donc de mise.

 

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Ici Catherine Perrin http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/ici-catherine-perrin/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/ici-catherine-perrin/#comments Wed, 26 Feb 2020 18:25:45 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008253 Lorsqu’elle a annoncé son départ de l’émission Médium large, en juin 2019, l’animatrice Catherine Perrin (Musique 1982) a probablement fait bien des malheureux chez les milliers d’auditeurs qui l’écoutaient fidèlement depuis huit ans, le matin, en semaine, …

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Lorsqu’elle a annoncé son départ de l’émission Médium large, en juin 2019, l’animatrice Catherine Perrin (Musique 1982) a probablement fait bien des malheureux chez les milliers d’auditeurs qui l’écoutaient fidèlement depuis huit ans, le matin, en semaine, à la radio de Radio-Canada. Ils ont pu toutefois se consoler puisque la dame n’a pas délaissé le micro. Elle conduit, depuis l’automne dernier, l’émission Du côté de chez Catherine, le dimanche après-midi, sur les ondes de la même chaîne. La formule hebdomadaire lui permet de fouiller davantage ses sujets et, aussi, d’aller à la rencontre des gens pour faire des entrevues sur le terrain, chose inimaginable du temps où elle accueillait entre 35 et 40 invités par semaine.

«Tous les vendredis, c’est un rituel, raconte Catherine Perrin. Je vais à la bibliothèque du quartier ou à la station de métro Ahuntsic, à Montréal, près d’où j’habite. Je demande aux gens de donner leur opinion sur un sujet qui sera présenté à l’émission. J’aime ce contact direct.» Autre avantage de taille à son nouveau statut: du temps pour lire, regarder des séries et des films pour son propre plaisir, ce qu’elle a fait davantage par devoir pendant ses années à Médium large. «Je reprends lentement contact avec des auteures que j’apprécie particulièrement: l’une française, Delphine de Vigan, et l’autre québécoise, Dominique Fortier», lance avec enthousiasme la belle quinquagénaire.

Les arts dans la famille
Née à Sainte-Foy, dans la région de la Capitale-Nationale, Catherine Perrin est la deuxième des trois filles de la famille. Elle a grandi entre un père juriste, grand amateur de musique classique, et une mère à la maison, boulimique de lecture. L’un des souvenirs qu’elle garde avec bonheur concerne justement cette maman friande de littérature. «Lorsque nous rentrions, après l’école, nous trouvions souvent notre mère assise par terre dans l’une des chambres, l’aspirateur éteint à côté d’elle, complètement absorbée dans la lecture d’un roman.»

Apprendre à jouer d’un instrument faisait partie du cours normal des choses dans la famille. Pour la jeune Catherine, ce sera le piano, jusqu’au jour où, assistant à une interprétation du Concerto pour quatre clavecins de Jean-Sébastien Bach, au Grand Théâtre de Québec, elle ressent un véritable coup de foudre pour cet instrument. Par un heureux hasard, un ami de son père, parti vivre en Europe, a laissé aux Perrin son clavecin en consigne. «Au début de l’adolescence, j’étais plutôt maigre, et le piano, de par sa stature imposante, m’intimidait physiquement, souligne Catherine Perrin. C’est comme si, avec le clavecin, j’avais trouvé exactement le bon rapport de force.» À 13 ans, la voilà donc admise au conservatoire de musique pour faire l’apprentissage de cet instrument.

En amour avec le clavecin
De cette période, où elle est par ailleurs élève appliquée à l’école secondaire De Rochebelle, jusqu’à la fin de son baccalauréat en musique à l’Université Laval, la jeune Catherine ne voit pas son avenir ailleurs que dans le domaine musical. Sur le campus, elle a le privilège d’avoir comme professeur Scott Ross, un virtuose du clavecin décédé en 1989, qui continue d’être une référence de premier ordre dans l’interprétation des œuvres de Bach, de Rameau, de Scarlatti. Entre 1973 et 1986, la présence de ce musicien exceptionnel à la Faculté de musique attirait beaucoup d’étudiants provenant d’Europe et d’Amérique latine. «C’était un milieu formidable et très stimulant, se rappelle Catherine Perrin. Nous réalisions toutes sortes de projets, liés à la musique contemporaine, entre autres. Je ne regrette qu’une chose: ne pas avoir assez profité de la vie étudiante durant ces trois années. Il faut comprendre qu’à la Faculté, nous étions dans une espèce de serre, au sens presque botanique du terme!», illustre-t-elle en riant.

Richard Paré a côtoyé Catherine Perrin sur les bancs de l’Université en plus de l’avoir connue au Conservatoire de musique de Québec, dès la fin des années 1970. «Quand j’ai entendu Catherine jouer pour la première fois, je me suis dit que cette fille savait vraiment comment faire résonner un clavecin!», relate celui qui est aujourd’hui professeur d’orgue, de clavecin et de musique ancienne à la Faculté de musique. Elle m’impressionnait par sa façon de jouer et par son grand esprit de curiosité.»

Au Conservatoire de musique de Montréal, où la claveciniste poursuit sa formation après l’Université Laval, on lui décerne le Premier Prix à l’unanimité lors de la collation des grades.

Une voix qu’on a le goût d’entendre
Par la suite, la jeune femme s’envole pour l’Europe afin d’y poursuivre ses études au Conservatoire royal de La Haye, aux Pays-Bas, d’où elle revient avec un certificat en interprétation. De retour à Montréal, elle se rend vite compte que vivre du clavecin n’est pas facile. Elle décide d’ajouter une corde à son arc en s’inscrivant au certificat en communication, à l’Université du Québec à Montréal. Coup de chance, la chaîne culturelle de Radio-Canada – qui diffusait alors presque exclusivement de la musique classique – recherche des spécialistes dans ce domaine pour remplacer des chroniqueurs durant la nuit et en période estivale. Ainsi débute l’aventure radiophonique pour Catherine Perrin.

De 2005 à 2009, on la retrouve aux côtés de René Homier-Roy, à la populaire émission C’est bien meilleur le matin, où elle commente l’activité culturelle. En 2011, on lui propose d’animer le magazine qui deviendra Médium large, à la suite du départ de Christiane Charette à ce créneau d’antenne. «J’étais folle de joie… et de trac, se rappelle-t-elle. C’était tout un défi! La première année a été difficile, mais j’ai fini par trouver ma place.» La suite des choses le prouvera: en 2013, Catherine Perrin reçoit le prix Coup de cœur du grand public du Conseil supérieur de la langue française, qui rend hommage à son aptitude à rendre intéressants tous les sujets qu’elle aborde et à sa capacité d’écoute exceptionnelle.

À cet égard, Richard Paré se dit peu surpris de la brillante carrière d’animatrice menée par son ancienne collègue de classe, avec qui il continue d’ailleurs de donner des concerts à l’occasion. «Il y a des voix qu’on a le goût d’entendre à la radio, et celle de Catherine en fait partie», constate le professeur Paré.

Des moments inoubliables
Durant son passage à Médium large, Catherine Perrin a interviewé des milliers d’invités. Certains l’ont évidemment marquée plus que d’autres. C’est le cas de Denis Mukwege, ce gynécologue qui soigne et répare les mutilations génitales chez les femmes victimes de viols et de violences sexuelles en temps de guerre, et ce, au péril de sa vie. Militant des droits humains congolais, il a reçu le prix Nobel de la paix en 2018. «L’entrevue a été très émouvante, sans compter que nous étions fiers de pouvoir faire connaître cet homme admirable à notre auditoire», commente l’animatrice. Par ailleurs, elle n’aime rien autant que ces moments où il se passe quelque chose d’imprévisible avec un invité, comme ce fut le cas avec Sophie Thibault, chef d’antenne au journal de 22 h du réseau TVA. «Au fil de l’entretien, Sophie a fait allusion au fait qu’elle avait une conjointe dans sa vie. C’était la toute première fois qu’elle en parlait en public. J’avais réussi à créer un climat de confiance qui l’a amenée à faire cette confidence tout naturellement.»

À la télé, Catherine Perrin a aussi fait sa marque, tenant la barre du magazine de cinéma Le septième à Télé-Québec, de 2000 à 2004, et, plus tard, du magazine culturel Six dans la cité, à Radio-Canada. Elle a également publié Une femme discrète aux éditions Québec Amérique, en 2014, «un genre d’enquête scientifique», comme elle qualifie ce récit, où elle établit des liens entre la maladie dont a souffert sa mère à la fin de sa vie et un traumatisme vécu par celle-ci dans sa petite enfance. L’automne dernier, l’auteure a terminé un premier roman qui porte sur le pouvoir thérapeutique de la musique et dont la parution est prévue cet hiver.

Mère de deux jeunes adultes, Catherine Perrin est également une citoyenne engagée. Elle a conçu un projet bénévole dont la formule est simple: un communicateur passionné de culture – animateur, journaliste, chroniqueur – propose une sortie culturelle à un groupe d’immigrants fréquentant deux centres de francisation de Montréal. Cette sortie permet au groupe d’assister à des représentations comme celles du Théâtre du Rideau Vert, de l’Opéra de Montréal, des Grands Ballets canadiens, de la Cinémathèque québécoise, ou encore à des événements comme le festival Coup de cœur francophone. L’activité est suivie d’une discussion au cours de laquelle les participants échangent sur le spectacle, parlent de liberté d’expression, de sens critique, etc. Pour l’instigatrice, il s’agit d’un excellent moyen d’intégrer les personnes immigrantes à la société québécoise.

Cette même société irait plutôt bien, selon elle, sauf sur le plan environnemental où nous serions tous un peu «hypocrites». «On se fait croire qu’on est une nation verte, tout en ne voulant pas perdre nos acquis. Je ne dis pas qu’il faut renoncer à notre confort, mais on doit le repenser à notre mesure, en marchant, en prenant les transports en commun pour aller au travail, faire nos courses ou simplement pour nous garder en forme.»

Faire avancer les choses
Où se voit Catherine Perrin dans 10 ans? «D’abord, j’aimerais être en vie et en santé», indique-t-elle avant d’affirmer qu’elle souhaite continuer à redonner à la société, elle qui considère avoir beaucoup reçu. Quand on lui demande ce qui la fait vibrer, la réponse fuse: se retrouver en pleine nature, à la campagne, là où elle peut faire le plein d’énergie, avec son mari, le bassoniste et chef d’orchestre Mathieu Lussier, également vice-doyen de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, «un homme au moins aussi occupé que moi», mentionne-t-elle. Certaines choses la réjouissent particulièrement, comme les projets socialement responsables. «Quand j’entends parler d’une entreprise qui a réussi à électrifier ses camions, que cela a permis de diminuer son bilan de gaz à effet de serre, qu’un groupe se mobilise autour d’un but, en somme, ça me rend heureuse! Bref, j’aime les choses qui avancent.»

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Discrète musicienne
Malgré une feuille de route impressionnante, Catherine Perrin voit sa carrière de musicienne à une échelle modeste. «Je participe à peu de concerts, pour maintenir une qualité malgré tout le reste de mes activités», répond-t-elle lorsqu’on l’interroge sur sa pratique musicale. N’empêche que son premier disque solo, 24 Préludes – qui couvre cinq siècles de préludes au clavecin – paru chez ATMA en 1998, a été accueilli avec enthousiasme par la critique, tout comme son disque ayant pour titre Ah! vous dirai-je maman salué d’un prix Coup de cœur de la revue française Piano. On a pu aussi entendre la claveciniste sur les scènes du Québec avec l’Ensemble contemporain de Montréal, les Violons du Roy et l’orchestre de chambre I Musici de Montréal. Avec ce dernier orchestre, elle a enregistré le Concerto pour clavecin d’Henryk Górecki, sous étiquette Chandos. Paru en 1998, le disque avait été coté 10/10 par Répertoire, un magazine français spécialisé en musique classique publié jusqu’en 2004, en plus de remporter deux prix Opus, décernés par le Conseil québécois de la musique.

Depuis 2008, avec Mathieu Lussier au basson et Denis Plante au bandonéon, Catherine Perrin forme un trio, Bataclan, qui se produit à l’occasion sur scène. Le groupe a un répertoire musical qui évoque le tango sud-américain et l’Europe des cabarets. Elle continue également de se produire dans le cadre d’un théâtre musical sur le thème des fables de La Fontaine, où elle agit comme musicienne et narratrice. Comprenant 11 fables, ce spectacle marie la musique du compositeur québécois Denis Gougeon à celle du grand Jean-Philippe Rameau.

Le plus récent concert de Catherine Perrin a eu lieu le 1er décembre dernier, au Palais Montcalm, à Québec, et rendait hommage au regretté professeur Scott Ross. À cette occasion, la dame s’est jointe à trois autres musiciens pour interpréter le Concerto pour quatre clavecins de Jean-Sébastien Bach, la même pièce ayant déclenché sa passion pour le clavecin lorsqu’elle était adolescente. Par les temps qui courent, cette musicienne accomplie affirme écouter davantage de musique qu’elle n’en fait, et ce, aux fins de la chronique sur la musique classique qu’elle rédige deux fois par mois pour le quotidien La Presse. «Les seuls genres de musique qui ne m’ont pas encore rejointe – et je vous assure que je fais bien des efforts en ce sens – c’est le rap et le hip-hop», rapporte-t-elle avec humour.

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Écoles recherchent enseignants http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/ecoles-recherchent-enseignants/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/ecoles-recherchent-enseignants/#comments Wed, 26 Feb 2020 18:20:49 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008231 Depuis quelques années, la rentrée ramène un même son de cloche dans les écoles du Québec. Les enseignants du primaire et du secondaire sont en nombre insuffisant pour répondre à la demande. Et une hausse du nombre d’élèves est prévue …

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Depuis quelques années, la rentrée ramène un même son de cloche dans les écoles du Québec. Les enseignants du primaire et du secondaire sont en nombre insuffisant pour répondre à la demande. Et une hausse du nombre d’élèves est prévue pour au moins 10 ans encore. Si cette réalité constitue tout un défi pour le monde scolaire, elle est peut-être aussi l’occasion d’une refonte bénéfique.

Professeur et doyen du Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Fernand Gervais fait partie du comité universitaire qui se penche actuellement sur la problématique qui entoure la pénurie d’enseignants. S’il admet son inquiétude devant la situation, le chercheur demeure optimiste face au virage qu’a entrepris tout le milieu de l’éducation pour cerner cet enjeu.

Qu’en est-il du manque d’enseignants au Québec?
La pénurie de main-d’œuvre est un sujet d’actualité qui touche les employeurs de tout acabit. Loin de faire bande à part, le milieu de l’éducation sonne aussi l’alarme. La situation touche l’ensemble de la province, mais est davantage marquée dans la métropole et sa périphérie, où il y a urgence dans certains cas. De fait, quelques dizaines de classes sont présentement sans titulaire dans la grande région de Montréal. Dans les secteurs de Québec et de Chaudière-Appalaches, on épluche les listes de rappel, on a de la difficulté à recruter des suppléants. Dans d’autres régions, on va carrément chercher des suppléants sur les bancs d’école. En outre, le ministère de l’Éducation prévoit une hausse constante de la clientèle scolaire pour au moins les 10 prochaines années, partout dans la province. Afin de se tenir à jour sur les besoins du réseau, le Ministère doit réévaluer les données très régulièrement, car la situation bouge rapidement.

Comment expliquer cet état de fait?
Le manque d’enseignants s’inscrit dans un contexte particulier généré par un amalgame de facteurs. Les changements démographiques y sont pour beaucoup. En 2002-2003, on a assisté à un mini baby-boom au Québec. Cette hausse des naissances, combinée à l’augmentation du nombre d’immigrants, a entraîné un bond significatif du nombre d’enfants à scolariser, essor pour lequel le réseau de l’éducation n’était pas préparé.

En parallèle à cette multiplication de la clientèle, nous faisons face à des départs massifs d’enseignants à la retraite. S’ajoute à cette vague une pratique de plus en plus courante chez les plus âgés, soit la modulation de leur emploi du temps. En fin de carrière, ils sont nombreux à choisir d’alléger leur charge de travail. Ils prennent des tâches à temps partiel pour se ménager un peu, gagner en qualité de vie et préparer tranquillement leur sortie.

La perte d’attrait des plus jeunes pour la profession est aussi pointée du doigt, non?
En effet, l’intérêt des jeunes générations pour l’enseignement s’est nettement modéré au fil des années en raison, notamment, du statut d’emploi précaire que conservent longtemps les enseignants en début de carrière. Les postes permanents ne sont pas assez nombreux, ce qui crée de l’insécurité financière chez les nouveaux représentants du métier, qui ne savent pas ce qui les attend. À cette précarité s’ajoutent des conditions salariales pas très avantageuses, compte tenu de la charge de travail qui incombe aux enseignants. Sans parler du fait que ce métier s’est grandement complexifié. Pour toutes ces raisons, près du quart d’entre eux quittent la profession au cours des cinq premières années.

En quoi la profession d’enseignant a-t-elle tant changé?
D’abord, elle s’est transformée pour mieux répondre aux besoins de tous les élèves en s’adaptant à leurs différents profils. Les clientèles sont variées, les enjeux multiples diffèrent d’un milieu à l’autre, d’un programme à l’autre, tout comme les outils pédagogiques. On parle désormais de mode d’enseignement collaboratif, de travaux d’équipe, de projets multidisciplinaires, de travaux pratiques, etc.

La multiplication des sources d’information, notamment sur le Web, a aussi transformé le monde de l’enseignement. Avant, les élèves n’avaient que les livres à quoi se référer. Aujourd’hui, ils ont accès à d’innombrables données, qu’ils doivent savoir bien gérer. Leur professeur doit pouvoir leur servir de guide dans cet apprentissage.

En plus de ces éléments, la gestion de classe, un gros morceau dans le quotidien du professeur, s’ajoute à l’enseignement en tant que tel. Tous ces nouveaux aspects du métier gonflent la charge de travail.

Que fait le ministère de l’Éducation pour améliorer la situation de l’emploi en enseignement?
Dans l’immédiat, pour pallier le manque, les commissions scolaires se tournent beaucoup vers des étudiants en enseignement pour faire de la suppléance. Elles recrutent aussi des professionnels du domaine dans d’autres provinces et d’autres pays. Des cours sont offerts à ces personnes pour leur permettre d’obtenir leur brevet d’enseignement. Plus en amont, le Ministère se soucie de la sensibilisation depuis trois ans. Il promet une amélioration notable des conditions salariales des enseignants, ainsi que d’importantes rénovations dans les écoles, afin d’offrir un environnement de travail plus intéressant. Des investissements massifs sous forme de programmes de bourses sont également consentis pour redorer le blason de la profession.

Et du côté de la formation?
La réduction de la durée de la formation a été évoquée par divers intervenants pour remédier à la pénurie d’enseignants. Précisons d’emblée que ce n’est pas une bonne solution. Ce serait l’équivalent de sacrifier la qualité, ce qui n’est pas un compromis acceptable.

D’autres voies existent pour améliorer l’accès à la profession dans le but d’accroître le nombre de diplômés en enseignement. Par exemple, le Ministère entend miser sur la maîtrise qualifiante en enseignement au secondaire (MQES). Celle-ci s’adresse aux candidats qui possèdent un baccalauréat correspondant à une matière scolaire (histoire, sciences, géographie, etc.) enseignée aux élèves du secondaire. Ainsi, pour enseigner sa matière à ce niveau, un étudiant universitaire peut choisir de poursuivre à la MQES plutôt que de devoir entreprendre un second baccalauréat en enseignement. Son diplôme de deuxième cycle lui permet également d’accéder à un meilleur salaire dès son entrée sur le marché du travail. Depuis le début de l’année 2020, ce programme est offert à la Faculté des sciences de l’éducation.

Toujours dans le but de former davantage d’enseignants, notons que l’Université Laval est pionnière dans le développement de formations en ligne, lesquelles favorisent la flexibilité, donc l’accessibilité des apprentissages.

Le milieu universitaire a donc sa part à jouer pour pallier le manque d’enseignants?
Il est évident que le milieu universitaire doit développer toutes sortes de solutions en ce sens. En plus de la formation, notre établissement et notre faculté consentent beaucoup d’efforts à la promotion de la profession d’enseignant auprès des jeunes dans le but d’accroître le nombre d’inscriptions. Et chez nos étudiants actuels, nous œuvrons constamment à hausser le sentiment d’appar­tenance, à développer chez eux la fierté d’être «prof».

Cela dit, valoriser le métier d’enseignant est aussi l’affaire de l’ensemble de la population. Le rôle essentiel dans notre société de ces professionnels, dont le métier est par ailleurs en pleine mutation, doit être mis de l’avant dans l’espace public. Il revient à chacun de participer à ce mouvement.

Y a-t-il, ailleurs dans le monde, des pratiques dont on peut s’inspirer?
Au Québec, on se compare souvent au modèle scandinave. Là-bas, la tendance en éducation est à l’aménagement d’espaces physiques plus modernes et branchés. De plus, le mode d’enseignement y est davantage interactif. Même si, comme je l’ai mentionné, le Québec tend vers ce type de solutions, il accuse encore un certain retard.

Par ailleurs, tandis que, chez nous, seul le baccalauréat est requis pour obtenir un brevet d’enseignant, la maîtrise est exigée en Suède et en Finlande. Cette qualification supplémentaire contribue à valoriser la profession, certes, mais dans l’immédiat, elle n’aiderait pas à régler la pénurie chez nous.

Êtes-vous optimiste pour l’avenir?
Je vois d’un très bon œil l’importante sensibilisation et tous les efforts entrepris par le ministère de l’Éducation et par l’ensemble du réseau: la valorisation de la profession par des programmes de bourses, l’élargissement des voies d’accès, la rénovation des bâtiments, l’amélioration des conditions salariales, sans compter d’autres initiatives à prévoir pour poursuivre sur cette lancée. Toutes ces actions vont dans la bonne direction, ça ne fait aucun doute.

Oui, nous avons à prendre un virage majeur et incontournable dans le milieu de l’enseignement. Presque tout a changé dans la profession, mais c’est assurément pour le mieux. Car n’oublions pas que c’est dans cet élan qu’ont vu le jour, entre autres, les projets pour lutter contre le décrochage scolaire et les programmes d’études (sports, arts, sciences, profil international, etc.) créés pour mieux répondre aux intérêts des jeunes. Bref, l’éducation est un milieu très dynamique et stimulant. Et bien que les défis et les enjeux dans les écoles se transforment, le métier d’enseignant demeure toujours à mes yeux le plus beau métier du monde.

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Lisez les témoignages de trois diplômés sur la pénurie d’enseignants dans l’État de Californie, en Allemagne et en Chine.

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À quand une justice pour tous http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/a-quand-une-justice-pour-tous/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/a-quand-une-justice-pour-tous/#respond Wed, 26 Feb 2020 18:15:59 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008219 Lente, onéreuse, voire inefficace, la justice a rarement bonne presse auprès des citoyens. Lorsqu’ils sont sondés, ceux qu’on appelle aussi les justiciables multiplient les mots pour se plaindre de ses maux. Et malgré les nombreux rapports et mémoires produits par …

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Lente, onéreuse, voire inefficace, la justice a rarement bonne presse auprès des citoyens. Lorsqu’ils sont sondés, ceux qu’on appelle aussi les justiciables multiplient les mots pour se plaindre de ses maux. Et malgré les nombreux rapports et mémoires produits par les gouvernements pour le rendre plus convivial et accessible, le système judiciaire semble encore loin de répondre aux besoins du public.

Certaines idées font leur chemin, cependant. Par exemple, avec les réformes du Code civil du Québec, effectuées en 2003 puis en 2016, on s’efforce de lutter contre la lourdeur des procédures. Il était temps. Ces dernières années, les mouvements d’indignation citoyenne à propos des agressions sexuelles ont braqué les projecteurs sur des chiffres troublants. Ces statistiques ne sont sans doute pas étrangères à la complexité du système de justice, fait valoir Catherine Rossi, professeure à l’École de travail social et de criminologie. «Ainsi, dit-elle, 70% des victimes potentielles ne portent jamais plainte, et donc n’affrontent pas leur agresseur devant un tribunal.»

À ces personnes s’ajoutent celles qui renoncent à faire valoir leurs droits dans des causes aussi diverses que des travaux de construction mal exécutés ou une intervention chirurgicale ratée. Le phénomène porte même un nom, indique Marie-Claire Belleau, professeure à la Faculté de droit: le décrochage judiciaire. Pourtant, fait-elle valoir, «les principes de notre système judiciaire sont exceptionnels. Par contre, beaucoup de citoyens n’ont pas accès à ce système.» Parmi les raisons qu’elle évoque pour expliquer cet écueil se trouvent les coûts élevés des honoraires d’avocats.

De fait, selon un récent sondage mené par le groupe Accès au droit et à la justice (ADAJ), qui réunit des chercheurs de plusieurs universités au Québec de même que des partenaires des milieux communautaires et professionnels, trois Québécois sur quatre estiment ne pas avoir les moyens de recourir à la justice civile.

Alléger justice et portefeuille
Pour pallier ces défis financiers, ainsi que le manque d’énergie et de temps auquel font face les citoyens en matière de justice, des pratiques se développent depuis quelques années. Par exemple, la conférence de règlement à l’amiable, un mode de règlement de différends aussi appelé conciliation judiciaire ou médiation judiciaire, est offerte à la Cour du Québec, à la Cour supérieure du Québec et à la Cour d’appel du Québec pour alléger les procédures judiciaires. Réunies avant l’audition en compagnie du juge habillé en civil, les différentes parties discutent du litige pendant quelques heures. Rompu à cet exercice, le magistrat tente de les aider à trouver une solution commune, qu’il s’agisse de présenter des excuses ou d’offrir des réparations. Lorsque la conciliation mène à une entente, la situation se règle sans procès. En cas d’échec, l’affaire prend la direction du tribunal. Apparemment, ce système donne des résultats. Selon une recherche menée en 2014 à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, 80% des plaignants règlent leur différend de cette façon.

Par ailleurs, lorsqu’il y a procès, la gestion de l’instance préalable à l’audience peut s’avérer efficace afin d’accélérer les procédures et, là encore, de réduire la note payée à l’avocat. Ce procédé veut que le juge rencontre les avocats des différentes parties préalablement au procès, par exemple pour limiter le nombre d’experts ou de témoins qui seront entendus.

Enfin, dans certains cas, la Division des petites créances, qui entend des causes dont la valeur n’excède pas 15 000$, propose aussi des médiations le matin même de l’audition. Si les parties, qui généralement ne peuvent être représentées par un avocat, s’entendent, le juge n’a pas à rédiger de délibéré (projet de jugement). Cela diminue aussi les coûts et les délais.

Décrypter le droit
Un autre outil visant à rendre plus fluide le rapport entre les citoyens et la justice passe par le langage juridique, souvent complexe et difficile d’approche. Le groupe ADAJ mène plusieurs projets en ce sens, notamment dans le but de simplifier les formules utilisées dans divers types de contrats pour éviter aux consommateurs les mauvaises interprétations qui les amèneraient devant les tribunaux.

Membre de ce collectif, la professeure à la Faculté de droit Michelle Cumyn travaille sur l’un de ces projets. Celui-ci concerne les contrats d’arrangements pré­funéraires, de véritables modèles d’illisibilité, selon la chercheuse. Ces documents portent d’autant plus à confusion qu’il s’agit de contrats à date différée. Des conditions d’achat plus transparentes faciliteraient la tâche du signataire, qui doit s’assurer que l’entente sera bien honorée au moment du décès, même en cas de faillite de l’entrepreneur.

Cela dit, le dédale du langage juridique n’épargne pas les professionnels du domaine, laisse entendre Michelle Cumyn. Elle cite les résultats d’une étude réalisée par la Division des petites créances sur les jugements rendus par ce tribunal de la Cour du Québec en matière de rénovations résidentielles. Les juges n’ont pas recours aux textes de loi dans 44% de ces jugements, tandis que 4% seulement de ces jugements découlent de la Loi sur la protection du consommateur. Faute de pouvoir s’appuyer sur des lois claires, les magistrats choisiraient de faire confiance à l’interlocuteur qui emploie le langage le plus technique: l’entrepreneur. Ce qui déconsidère la victime, elle qui espérait faire réparer sa cheminée mal conçue ou son pavage défectueux… par l’entrepreneur en question.

«Une des difficultés pour obtenir justice, c’est l’abondance des lois que l’État ne cesse de modifier, déplore la professeure. Les gouvernements adorent légiférer. Cela leur donne l’impression d’agir. Pourtant, les textes issus de ces exercices ne règlent pas toujours les problèmes et ont même tendance à ajouter de la confusion.» C’est justement le cas de la Loi sur la protection du consommateur, poursuit celle qui est aussi titulaire de la Chaire de rédaction juridique Louis-Philippe-Pigeon. Cette loi semble tout indiquée pour régler les différends à propos de toitures mal exécutées ou de sous-sols qui se transforment en piscines. Sauf qu’elle a pris de l’âge depuis son adoption dans les années 1960. «Ses nombreux remaniements sur cinq décennies ont rendu la Loi confuse. Aujourd’hui, elle semble bien trop touffue et peu applicable», constate la juriste. Selon elle, les consommateurs seraient mieux protégés si les lois étaient plus faciles à lire et à comprendre.

Justice techno
Les nouvelles technologies constituent d’autres armes au service de ceux et celles qui rêvent d’une justice enfin accessible et rapide. Certains imaginent déjà des applications rendues possibles par l’intelligence artificielle (IA), comme la recherche automatisée d’articles de loi ou de jurisprudence.

Autre nouveauté, la plateforme PARLe, pour Plateforme d’aide au règlement des litiges en ligne. Proposé par le Laboratoire de cyberjustice, un espace de réflexion sur le sujet créé à l’Université de Montréal, ce système permet à deux personnes en conflit de chercher une entente en utilisant les services d’un robot conversationnel. Depuis trois ans, il a permis à 68% des 7500 utilisateurs de régler leur conflit en moins d’un mois, sans processus judiciaire.

Très séduisants en théorie, ces nouveaux outils posent cependant des enjeux sociaux, juridiques, mais aussi éthiques, importants. Des questions sur lesquelles se penche depuis deux ans le groupe Autonomisation des acteurs judiciaires par la cyberjustice (AJC), une branche du Laboratoire de cyberjustice. Parmi la cinquantaine de chercheurs internationaux qui lui sont associés, Pierre-Luc Déziel, professeur à la Faculté de droit, s’intéresse aux questions de protection de la vie privée et de la propriété intellectuelle des données judiciaires. «Il faut bien s’assurer que les renseignements personnels stockés dans ces plateformes soient conservés de façon à éviter toute fuite d’information, affirme-t-il. Si leur gestion dépend d’entreprises privées, les pouvoirs publics doivent en assurer le contrôle en matière de sécurité.»

Conscient des grandes révolutions que l’IA peut apporter à la justice, le chercheur fait cette mise en garde. «On doit calmer les attentes à l’égard de ce nouvel instrument. La justice ne doit pas céder à la logique économique des entreprises spécialisées dans ce domaine.» Pour l’heure, il propose de miser sur des outils moins hautement techno­logiques, mais peut-être plus efficaces à court terme. Parmi eux, la numérisation croissante des documents, le partage d’éléments de preuve sur tablette ou encore la comparution de témoins par visioconférence. Là encore, la sécurisation des serveurs et des moyens de communication est essentielle pour assurer la protection et la confidentialité des données.

Des besoins qui augmentent
Pendant que le système de justice se penche sur des moyens qui contribueraient à faciliter et à accélérer ses procédures, les raisons d’y faire appel, elles, ne cessent d’augmenter, qu’on pense à la hausse des divorces, des séparations avec garde d’enfants ou des réclamations médicales. Une autre cause d’engorgement qui pousse certains citoyens à se représenter seuls, au civil comme au criminel. Le phénomène serait en augmentation au Canada, constatent les magistrats.

Or, les gens n’ont pas toujours les compétences pour interroger un témoin, ou pire, un expert. Sans compter qu’il s’avère souvent très difficile sur le plan émotif pour ces personnes de prendre leurs distances du conflit qui les amène devant le tribunal. «Plusieurs se lancent dans l’aventure, mais beaucoup renoncent en chemin face à la complexité de la tâche», constate Sylvette Guillemard, professeure à la Faculté de droit. Par ailleurs, cette spécialiste du droit civil a dirigé le mémoire d’une étudiante, publié en 2018, qui porte sur ce thème, mais du point de vue des juges. Au fil de ses discussions avec plusieurs d’entre eux, Kenza Sassi a constaté leur malaise quand une des parties n’a pas d’avocat pour défendre son dossier. Il leur faut alors expliquer les procédures au citoyen tout en gardant leur neutralité pour ne pas avantager une des parties au litige.

Très intéressée par l’idée d’une justice à visage humain, la professeure Marie-Claire Belleau constate néanmoins que de plus en plus de juges descendent de leur estrade, tous types de tribunal confondus. «C’est très inspirant de voir comment ils se montrent proactifs pour diminuer les délais et rendre l’administration de la justice plus efficace. Ils interagissent beaucoup plus avec les citoyens et se montrent aussi conciliateurs, pas seulement décideurs.»

Des professionnels sensibilisés
Justice plus efficace et justice plus humaine vont donc de pair. Car, qu’ils se représentent seuls ou non, obtenir justice s’apparente souvent à un parcours du combattant pour les Québécois ordinaires Cette réalité pousse certains professeurs de la Faculté de droit à explorer de nouvelles pistes. C’est le cas de Chrystelle Landheer-Cieslak. Cette juriste spécialisée en droit civil et droits fondamentaux mène des recherches sur la justice narrative, une approche invitant le personnel judicaire à s’intéresser non seulement aux composantes juridiques d’un dossier, mais aussi à son aspect humain.

Au cours de ses recherches, la professeure a parlé à des personnes pour lesquelles le passage devant les tribunaux avait constitué une expérience traumatisante. «Les avocats et les juges doivent aussi développer leurs capacités d’écoute et d’accompagnement des citoyens, explique la chercheuse, qui prépare un livre sur ce sujet. Il nous faut former des professionnels sensibles à la spécificité des cas qui se présentent devant eux, les éveiller à l’importance des droits fondamentaux.»

Catherine Rossi abonde dans ce sens. «La justice pénale classique est dysfonctionnelle, analyse la criminologue, aussi membre du groupe ADAJ. Les procureurs, les agents de probation, les travailleurs sociaux doivent davantage collaborer. J’observe d’ailleurs une tendance au partenariat depuis quelques années. L’essentiel, c’est de bonifier le système actuel. Cela permettrait notamment de mieux répondre aux besoins des victimes d’agressions sexuelles.»

Dans d’autres types de causes, les tribunaux spécialisés, donc réservés spécifiquement à des problématiques ciblées comme l’itinérance, les soins psychiatriques ou les petites infractions, lui semblent une voie intéressante. Mais encore faut-il s’assurer qu’ils disposent de lignes directrices communes. Très souvent, en effet, il s’agit d’initiatives de magistrats en collaboration avec des organismes particuliers. Quant aux programmes de mesures de rechange qui permettent à certaines personnes accusées d’infractions criminelles d’assumer la responsabilité de leurs actes et de régler leurs conflits dans la collectivité, ils semblent également profitables, selon la professeure. À condition que la démarche soit encadrée et soumise à des règles bien précises.

Procédures et textes juridiques allégés, outils technologiques plus efficaces, magistrats davantage à l’écoute, les pistes pour permettre à la justice d’emprunter une voie plus rapide existent. Ce qui ne veut pas dire que cette justice doive devenir expéditive. Après tout, dans ce domaine sensible, comme dans d’autres, il arrive que le temps joue un rôle pour diminuer les tensions.

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Au service des citoyens
Depuis plus de 40 ans, le Bureau d’information juridique de l’Université Laval (BIJ) a pignon sur le campus. Des étudiants au baccalauréat y renseignent la clientèle sur la façon de trouver de l’information à propos d’un mandat, d’un testament, d’un contrat avec un fournisseur. Un complément pratique à la formation universitaire de ces futurs juristes. «Cela permet de les préparer au marché du travail tout en favorisant l’accès à la justice, résume Anne-Marie Laflamme, doyenne de la Faculté de droit. Nombre de personnes qui s’adressent au BIJ n’ont pas les moyens de se payer des services juridiques.»

Comme les doyens des autres facultés de droit du Québec, la professeure aimerait cependant que les prestations de cette clinique aillent plus loin. Dans la plupart des autres provinces canadiennes, les étudiants peuvent fournir des avis juridiques sommaires, réviser des actes de procédure ou encore des documents juridiques préparés par le justiciable. Des avocats, des notaires ou des professeurs les supervisent pour assurer qu’ils fournissent un bon service. Rien de tel n’est possible au Québec. Pourtant, les médecins, psychologues et dentistes en devenir offrent conseils et même traitements dans les cliniques universitaires propres à leur domaine de formation ouvertes au public.

Les directions des facultés de droit ont interpellé le ministère de la Justice à ce sujet. Après discussion, il ne semble pas nécessaire de changer la législation pour que les connaissances des futurs juristes soient davantage mises à profit. En fait, l’assouplissement des règles en vigueur dépend en grande partie des ordres professionnels concernés, à savoir la Chambre des notaires et le Barreau du Québec. Des négociations avec ces corporations doivent d’ailleurs avoir lieu dans les mois à venir.

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Lisez le témoignage d’un donateur sur l’amélioration de la clarté des textes juridiques.

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Malades de respirer http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/malades-de-respirer/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/malades-de-respirer/#comments Wed, 26 Feb 2020 18:10:09 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008213 Par une belle journée d’hiver, vous décidez de sortir dans votre quartier pour prendre un bon bol d’air frais et profiter des rayons du soleil. Bien au chaud dans vos vêtements, vous commencez votre promenade. Vous inspirez profondément tout en …

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Par une belle journée d’hiver, vous décidez de sortir dans votre quartier pour prendre un bon bol d’air frais et profiter des rayons du soleil. Bien au chaud dans vos vêtements, vous commencez votre promenade. Vous inspirez profondément tout en marchant. Mais voilà que vous vous mettez à tousser. Votre respiration se fait un peu plus difficile, comme si vos poumons se refermaient. Vos yeux se mettent à picoter. Vous n’êtes pourtant ni allergique ni asthmatique. Pour un bon bol d’air frais, on repassera!

Vous constatez alors que les cheminées de vos voisins fonctionnent à plein régime. Selon le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), le chauffage au bois est, au Québec, la principale source d’origine humaine responsable de l’émission de particules fines à la base du smog, ce brouillard constitué d’un cocktail de polluants. Ce type de chauffage émet également du monoxyde de carbone (CO), des composés organiques volatils (COV) et des oxydes d’azote (NOx), qui font partie des polluants atmosphériques les plus importants.

«Tous ces éléments chimiques affectent les bronches, les poumons et les muqueuses du nez», précise Jean-Nicolas Boursiquot, allergologue et immunologue au CHU de Québec-Université Laval et professeur à la Faculté de médecine.

Une variété de polluants
Cela dit, le chauffage au bois n’est pas le seul coupable. La combustion du pétrole, du charbon ou du gaz naturel par les véhicules et par certaines industries diffuse aussi plusieurs polluants dans l’air. Les feux de forêt, les volcans et même les plantes dégagent également des gaz et des particules. L’air de nos maisons n’est pas épargné: solvants, peintures, petits électroménagers, résidus de cuisson et meubles diffusent des éléments nocifs pour notre santé.

L’ensemble de ces éléments contribue à la pollution de l’air extérieur et intérieur qui entraînerait, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sept millions de décès dans le monde chaque année.

En outre, contrairement à la croyance populaire, la pollution de l’air affecte deux fois plus le système cardio­vasculaire que l’appareil respiratoire. «Les particules fines et les gaz pénètrent dans les poumons et passent ensuite dans le sang, explique Pierre Gosselin, chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval et professeur à la Faculté de médecine. Ces composantes chimiques créent notamment un stress oxydatif et une réaction inflammatoire dans les artères, ce qui nuit à la circulation sanguine et augmente le risque de faire un arrêt cardiaque ou un AVC.»

La situation s’améliore, mais…
Sommes-nous condamnés à respirer un air vicié? Pas forcément. Si on se fie au dernier bilan de la qualité de l’air, publié en 2016 par le MELCC, la qualité de l’air extérieur au Québec s’est nettement améliorée. «La pollution de l’air dans la province a diminué de 75% depuis 25 ans, notamment à cause de la désindustrialisation et de la fermeture d’usines au charbon en Ontario et dans le Nord-Est américain, confirme Pierre Gosselin, qui est également médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Les niveaux moyens de pollution de nos villes québécoises sont bas par rapport à bien des villes sur la planète. Montréal et Québec, par exemple, respectent les normes de moyenne annuelle de l’OMS.»

La pollution de l’air reste tout de même un enjeu de santé publique majeur, particulièrement pour certains secteurs précis. «Les niveaux de polluants sont plus élevés près des boulevards, des usines et dans les quartiers qui chauffent au bois, signale Pierre Gosselin. Il y a davantage de problèmes respiratoires et cardiovasculaires dans ces milieux.»

Le mauvais ozone à surveiller
Toujours selon le bilan publié par le MELCC, l’ozone en basse altitude serait le seul polluant à avoir augmenté significativement en milieu urbain. Autre composante majeure du smog, il est l’un des grands responsables de la pollution de l’air et des problèmes de santé qui y sont associés.

«On ne parle pas ici de l’ozone en haute altitude, cette couche naturelle qui protège la terre en filtrant une partie du rayonnement ultraviolet, mais de l’ozone à hauteur d’homme, produite artificiellement par la pollution, explique Jean-Philippe Gilbert, doctorant en géographie sous la supervision de Nathalie Barrette, membre de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société et professeure au Département de géographie. Ce gaz se forme lorsque des oxydes d’azote, rejetés surtout par les automobiles, et des composés organiques volatils, provenant principalement des industries, réagissent sous l’action des rayons du soleil et de l’air.»

Or, la concentration de ce gaz irritant aurait doublé en milieu urbain depuis 30 ans, entraînant une augmentation annuelle de 20% des visites à l’urgence pour des problèmes cardiaques et respiratoires. Malgré cela, les données météorologiques ne rapportent pas plus de jours de smog en 2016. «C’est parce qu’on a beaucoup moins de pics d’ozone qu’avant, soit des moments où les concentrations de ce gaz grimpent au-delà du seuil à ne pas dépasser selon le MELCC», explique Jean-Philippe Gilbert, qui a mené une étude rétrospective sur l’ozone entre 1974 et 2014. Néanmoins, nos étés plus secs et plus chauds en raison des bouleversements climatiques sont propices à la formation du mauvais ozone. Également, les modèles récents de voitures émettent moins d’oxydes d’azote. Ironiquement, de hauts niveaux d’oxydes d’azote contribuent à détruire le mauvais ozone. En rendant nos véhicules plus propres, on a perdu cet aspect!

Des arbres pour dépolluer?
Pour abaisser les niveaux d’ozone au sol, mais aussi ceux d’autres polluants, les villes fondent beaucoup d’espoir sur le pouvoir des arbres. «Les arbres absorbent les polluants gazeux par leurs feuilles ou leurs aiguilles, qui interceptent également les particules fines nuisibles à la qualité de l’air», explique Jean Bousquet, professeur à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique forestière.

Ainsi, les arbres qu’on trouve dans les villes du Canada éliminent annuellement environ 2,5 millions de tonnes de CO2. Ça peut sembler beaucoup, mais leur pouvoir dépolluant reste faible par rapport à celui des forêts naturelles. «Par exemple, aux États-Unis, le pouvoir dépolluant des forêts urbaines représente 4% de celui provenant de tous les arbres, forêts urbaines et naturelles confondues. Ce pourcentage est sûrement moindre au Canada, parce que l’étendue de nos forêts naturelles est particulièrement grande par rapport à nos forêts urbaines», souligne le professeur Bousquet.

Les conifères, avec leur feuillage persistant à l’année, demeurent les «dépollueurs les plus efficaces», ajoute le chercheur. Mais il y en a peu en ville, car ils y poussent plus difficilement. La plantation d’arbres en milieu urbain ne doit donc pas être perçue comme une panacée, prévient-il, ajoutant que la mesure la plus efficace pour diminuer le CO2 et les autres polluants dans l’air reste le contrôle à la source.

Surtout que, pour bénéficier du pouvoir des arbres, les villes ne doivent pas seulement en planter quelques-uns, mais plutôt développer une canopée urbaine, un genre de toit vert constitué de la cime d’une multitude d’arbres. «Ce couvert aide notamment à prévenir les effets d’îlots de chaleur et à atténuer les extrêmes de température durant l’été», mentionne Jean Bousquet. En «refroidissant l’air», la canopée permet donc de réduire certains risques de santé associés aux canicules, comme les complications cardiorespiratoires.

Malheureusement, beaucoup de plantations urbaines sont mal planifiées, surtout en bordure des artères. «Il faut choisir les bonnes espèces selon le milieu, mais aussi selon leurs caractéristiques et leur résistance au stress et aux changements climatiques», considère Jean Bousquet. Certaines espèces émettent des composés organiques volatils qui entrent dans la recette de l’ozone. Par exemple, le chêne en émet 10 fois plus que l’érable. Ses effets nocifs restent très faibles par rapport à celui des industries, mais quand même. Et certaines espèces sont très allergènes, comme le bouleau et le saule.

Atchoum!
D’ailleurs, les pollens produits par les végétaux sont aussi des polluants, biologiques ceux-là. La concentration de ces grains microscopiques augmente de façon marquée depuis 30 ans en Amérique du Nord. «L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère agit comme un engrais pour les plantes», affirme Pierre Gosselin. La présence d’herbe à poux, notamment, a explosé, haussant les niveaux de pollen de 40%. «Sous l’effet des bouleversements climatiques, la période d’émission des pollens s’est allongée à Montréal, passant de 71 jours à 126 jours entre 1994 et 2002», ajoute Jean-Nicolas Boursiquot. Conséquences? Le nombre de cas d’allergies a doublé durant cette période et de plus en plus de gens sont facilement irrités – sans être allergiques – par différents éléments dans l’air. «La pollution fragilise les voies respiratoires et nous rend vulnérables aux allergènes que l’on respire, comme le pollen, mais aussi les poils d’animaux et les acariens», indique-t-il.

Et contrairement à ce que certains pensent, plus on est en contact avec un allergène, plus notre risque de développer une allergie augmente. Selon l’OMS, d’ici 30 ans, la moitié de la population mondiale souffrira d’allergies au lieu du taux actuel de 20 à 25%. À cause de la génétique d’abord, mais aussi des changements climatiques et de l’exposition aux allergènes.

Asphyxie au logis
Enfin, l’air de nos chaumières est aussi en contact avec des polluants. Poils d’animaux, acariens, virus, bactéries, moisissures et toxines peuvent causer des problèmes de santé comme de l’inflammation pulmonaire, des maladies infectieuses et des allergies. «Ces particules biologiques provenant d’un organisme vivant sont appelées bio­aérosols. Leurs effets sont peu documentés et peu réglementés, car complexes à mesurer», révèle Caroline Duchaine, professeure au Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique.

En 2016, la microbiologiste a toutefois prouvé qu’il est possible de mesurer la présence du norovirus de la gastroentérite dans l’air des hôpitaux. Son étude a montré que le microbe était présent dans l’air de 54% des chambres des patients infectés et dans 38% des corridors, à des concentrations variant entre 13 et 2350 virus par mètre cube d’air. «Or, une dose d’une vingtaine de norovirus est suffisante pour provoquer une gastro», affirme la spécialiste. Elle suggère ainsi aux hôpitaux de ne pas seulement désinfecter les surfaces, mais aussi de «nettoyer» l’air ambiant. D’ailleurs, plusieurs virus, comme celui de la rougeole, s’attrapent par simple contact avec de l’air contaminé.

La qualité de notre air intérieur est loin d’être optimale, à cause, notamment, de notre obsession à rendre nos édifices étanches pour réduire la consommation d’énergie, ajoute Caroline Duchaine. «Plusieurs personnes utilisent mal l’échangeur d’air, en plus de ne pas être attentives à ce qui peut émettre des polluants», soutient-elle. De nombreux bâtiments souffrent ainsi d’un problème de moisissure, car ils sont mal ventilés. Sans échange d’air régulier, les foyers au bois – sauf les nouveaux foyers à combustion lente – peuvent aussi salir notre air intérieur. Tout comme la cuisson et la friture. Selon une étude de Santé Canada, les niveaux de particules fines peuvent être 65 fois plus élevés après qu’on a cuisiné.

«Tout ce qui libère du parfum et des huiles, comme les lampes à huile, constitue aussi d’importantes sources de particules», ajoute la chercheuse. Les vieux aspirateurs ou les petits malaxeurs libèrent également beaucoup de particules quand les composantes du moteur se désagrègent. «Si ça sent le plastique, ce n’est pas bon signe», prévient-elle. Caroline Duchaine rappelle également de nettoyer et de vider régulièrement les humidificateurs, qui sont de véritables nids de bactéries à cause de l’eau stagnante. «N’attendez pas d’avoir des symptômes respiratoires pour changer vos habitudes», conclut-elle.

Bref, une bonne santé cardiorespiratoire passe par une bonne qualité de l’air extérieur et intérieur. Et nous pouvons tous faire notre part pour continuer de l’améliorer.

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La pénurie d’enseignants selon trois diplômés à l’étranger http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/la-penurie-denseignants-selon-trois-diplomes-a-letranger/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/la-penurie-denseignants-selon-trois-diplomes-a-letranger/#respond Tue, 25 Feb 2020 16:00:20 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008232 Ces témoignages s’inscrivent dans la suite de l’article Écoles recherchent enseignants.

État de la Californie: souplesse et équilibre
Habitant San Diego en Californie depuis 2012, la chercheuse en neurosciences Kim Doré (Chimie 2003, 2007) est aussi mère …

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Ces témoignages s’inscrivent dans la suite de l’article Écoles recherchent enseignants.

État de la Californie: souplesse et équilibre
Habitant San Diego en Californie depuis 2012, la chercheuse en neurosciences Kim Doré (Chimie 2003, 2007) est aussi mère de deux filles, dont l’une fréquente depuis cinq ans l’école primaire publique du quartier. Selon son expérience de parent, elle n’a pas l’impression qu’il y a une pénurie d’enseignants. En fait, ce qu’elle a pu observer, c’est plutôt une réorganisation des classes en raison d’un manque d’élèves!

Elle constate également que le travail des enseignants est très valorisé dans la région. «Nous sommes fortement encouragés à participer à la Teacher Appreciation Week. C’est une semaine pendant laquelle les enfants, avec l’aide de leurs parents, font quelque chose de spécial chaque jour pour remercier leurs enseignants.» De plus, les professeurs semblent avoir beaucoup de liberté dans leur façon d’enseigner. «Nous avons eu l’expérience de plusieurs approches pédagogiques au cours des dernières années. J’en conclus que l’école et la commission scolaire valorisent les enseignants et la manière dont ces derniers souhaitent gérer leur travail.»

Enfin, c’est une profession considérée comme difficile à exercer; c’est pourquoi les personnes qui la choisissent sont perçues favorablement, du moins par les autres parents avec qui Kim en a discuté.

Allemagne: un métier difficile d’accès
Maude Robitaille
(Enseignement du français langue seconde 2004) vit à Berlin depuis maintenant neuf ans. Chef du Département des langues à la Berlin Metropolitan School et aussi mère d’un fils de six ans, elle est à même de constater la pénurie d’enseignants dans le système scolaire public allemand.

«Il est plus difficile de devenir enseignant en Allemagne et le processus est beaucoup plus long et compliqué qu’au Québec, ce qui explique que moins de gens se rendent jusqu’au bout. Ils sont nombreux à devoir enseigner des matières pour lesquelles ils ne sont pas qualifiés (comme les langues), ce qui amène une baisse du niveau de qualité de l’enseignement.» Par contre, le travail des enseignants est très valorisé, précise la diplômée. «Ils reçoivent un très bon salaire et ont d’excellents avantages sociaux. Ils ont aussi une sécurité d’emploi à vie lorsqu’ils ont réussi une série d’évaluations. Dans l’ensemble, l’enseignement est perçu comme une profession difficile à cause des conditions de travail et des heures supplémentaires, non rémunérées, qui doivent parfois être faites à la maison. De plus, les élèves sont nombreux dans les classes et il faut parfois enseigner beaucoup plus (alphabétisation, langue allemande, etc.) que la matière au programme pour soutenir les clientèles immigrantes.»

Par ailleurs, mentionne Maude Robitaille, ces professionnels doivent faire face à certains préjugés, dont celui qui veut que les enseignants soient toujours en vacances puisqu’en Allemagne, il y a encore plus de semaines de vacances qu’au Québec. Malgré tout, conclut-elle, on peut dire qu’être enseignant en Allemagne est une profession respectable et respectée, car il n’est pas simple d’y accéder.

Chine: obligation d’annuler des classes
Ayant travaillé pendant près d’un an à titre de directeur à l’International School of Qiushi, une école secondaire située à Kaifeng, en Chine, Maxime Lessard (Éducation physique 2008) relate que la pénurie d’enseignants y apparaissait comme un enjeu. À titre d’exemple, aucun remplaçant n’était disponible. Ainsi, lorsqu’un des titulaires de classe était malade ou devait s’absenter, la classe était tout simplement annulée!

De plus, comme cet établissement offre l’enseignement en anglais, sauf pour les cours de mandarin, les professionnels étrangers avec un accent nord-américain ou britannique y sont très en demande, ce qui représente un défi en matière de recrutement. Par ailleurs, le travail des enseignants est très valorisé en Chine et eux-mêmes sont très fiers de leur profession, témoigne Maxime Lessard. Leur rôle est extrêmement important aux yeux de la population. «Ils reçoivent des cadeaux et se font régulièrement inviter au restaurant par les parents des élèves. Au besoin, un traducteur est fourni à l’enseignant pour communiquer avec les parents. Ces derniers collaborent énormément. Si l’école leur demande de mettre en place des mesures et de faire des suivis avec l’enfant, ils le font sans hésiter.» Le diplômé explique que cette grande collaboration et cette confiance des parents à l’égard de l’école reposent en bonne partie sur l’importance accordée à la hiérarchie et au respect de l’autorité.

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Contribuer à une meilleure lisibilité des textes juridiques http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/contribuer-a-une-meilleure-lisibilite-des-textes-juridiques/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/contribuer-a-une-meilleure-lisibilite-des-textes-juridiques/#respond Tue, 25 Feb 2020 15:00:23 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008222 Ce témoignage d’un donateur s’inscrit dans la suite de l’article À quand une justice pour tous?

«Nul n’est censé ignorer la loi, mais encore faut-il la comprendre!», lance Jacques Deslauriers (Droit 1976) à propos de ce principe fondamental …

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Ce témoignage d’un donateur s’inscrit dans la suite de l’article À quand une justice pour tous?

«Nul n’est censé ignorer la loi, mais encore faut-il la comprendre!», lance Jacques Deslauriers (Droit 1976) à propos de ce principe fondamental de notre système de justice. Pour cette raison, ce professeur retraité de la Faculté de droit soutient généreusement la Chaire de rédaction juridique Louis-Philippe-Pigeon, créée en 2006, laquelle a pour mission d’accroître l’accessibilité et l’intelligibilité des sources du droit et, par le fait même, des normes juridiques.

«La rédaction claire des textes de règlements et de lois est essentielle au maintien d’une justice équitable, avance le diplômé. Les travaux de la Chaire sont pertinents, car ils répondent à un besoin manifeste d’améliorer la qualité rédactionnelle des textes juridiques, dont le rôle est central dans notre société de droit. La clarté juridique favorise le sentiment de confiance envers nos institutions.»

Depuis 2010, la Chaire contribue également au microprogramme de 2e cycle en légistique – l’art de rédiger des lois et règlements – offert par la Faculté de droit en collaboration avec le ministère de la Justice du Québec. La Chaire offre aussi des bourses aux cycles supérieurs dans le domaine et permet la participation d’étudiants à des colloques sur le sujet.

Porteur du titre d’officier du Cercle de la rectrice, Jacques Deslauriers fait partie des plus grands donateurs de l’Université Laval. «Je suis vraiment fier que ma faculté fasse figure de proue sur le plan de la recherche et de l’enseignement de la rédaction juridique, indique-t-il, et il m’apparaît important d’y contribuer.»

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Puissance, volonté, explosivité http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/puissance-volonte-explosivite/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/puissance-volonte-explosivite/#respond Tue, 25 Feb 2020 13:00:43 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008205 En novembre dernier, à Ottawa, face aux Gaels de Queen’s, l’équipe féminine de rugby Rouge et Or a signé une convaincante victoire de 22 à 14, en finale du Championnat canadien U Sports. Après le bronze en 2011 et l’argent …

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En novembre dernier, à Ottawa, face aux Gaels de Queen’s, l’équipe féminine de rugby Rouge et Or a signé une convaincante victoire de 22 à 14, en finale du Championnat canadien U Sports. Après le bronze en 2011 et l’argent en 2017, l’or est venu clore une saison de rêve pour la formation.

En plus d’être nommée au sein de la première équipe d’étoiles du Championnat, Fabiola Forteza a reçu le titre de joueuse du match. «C’est un rêve, c’est incroyable! Je n’aurais jamais pensé qu’on pourrait en arriver là. C’est le plus beau cadeau que je pouvais avoir pour finir ma carrière universitaire, nous sommes championnes canadiennes!»

Après cinq années d’admissibilité, l’athlète tire sa révérence du sport universitaire. Elle a 24 ans. Avec le Rouge et Or, elle aura inscrit 23 essais en saison régulière. L’automne dernier, en six matchs réguliers, elle a franchi la ligne des buts adverses à trois reprises avec le ballon. Pour ses performances, elle a mérité le titre d’étudiante-athlète par excellence du Réseau du sport étudiant du Québec en 2019.

«Remporter un championnat par équipe restera pour moi le plus beau des accomplissements, explique l’ailière de troisième ligne et candidate à la maîtrise en nutrition. Au rugby, une joueuse dépend tellement de ses coéquipières. C’est un sport de camaraderie.» Selon elle, aller chercher une coupe démontre que tout le monde a travaillé dans la même direction. «Réussir demande la collaboration de tout le monde. Lorsque je sens que l’esprit d’équipe est élevé, je ne peux pas être plus heureuse.»

Comment l’athlète voit-elle son évolution, ces dernières années, comme joueuse de rugby? «Ma lecture du jeu s’est améliorée, dit-elle. Au fil des ans, j’ai appris à mieux me placer sur le terrain et quand demander le ballon. Et aussi à trouver les espaces libres. Je suis une joueuse à caractère défensif, mais j’ai développé graduellement mon jeu à l’attaque.»

Une carrière qui se poursuit
D’abord adepte du soccer, Fabiola Forteza a essayé le rugby à la suggestion de son père, un amateur de ce sport rude et spectaculaire. «Ce sport très physique m’a conquise totalement dès le début, raconte-t-elle. Le rugby est magnifique. J’ai tout de suite trouvé beaucoup de facilité à le pratiquer. Les joueuses ont beaucoup de liberté. Elles peuvent manipuler le ballon et courir avec lui, elles peuvent le botter à une coéquipière ou le botter en touche, elles peuvent passer le ballon à une coéquipière en retrait ou bien plaquer une adversaire qui transporte la balle.»

Quelles sont ses qualités athlétiques? «Je ne suis pas la plus rapide sur le terrain, répond-elle. Je suis puissante, ce qui fait que je reste sur mes pieds lorsque des adversaires tentent de m’immobiliser. Je suis explosive lorsque j’amorce un jeu. J’ai de l’endurance. Je suis également agressive, mais de façon contrôlée, et intense. J’aime plaquer.»

Diplômée du baccalauréat en kinésiologie, Fabiola Forteza travaille dans ce domaine au PEPS de l’Université Laval. Intervenante en salle d’entraînement, elle crée des programmes pour les usagers et supervise les plateaux.

«Ma carrière sportive n’est vraiment pas terminée, affirme-t-elle. L’été, je joue avec le Club de rugby de Québec, une formation qui compte plusieurs joueuses du Rouge et Or. L’hiver, je joue au sein d’une ligue de rugby à sept.»

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Migrations internationales http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/migrations-internationales/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/migrations-internationales/#respond Tue, 25 Feb 2020 12:00:25 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008198 Dieynaba a six ans et vit à Dakar, au Sénégal. Des passants ont découvert un jour cette fillette bien habillée, serrant sa poupée contre son cœur. Sur elle, aucun papier ni information pour l’identifier. Petit détail: autiste, elle ne parle …

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Dieynaba a six ans et vit à Dakar, au Sénégal. Des passants ont découvert un jour cette fillette bien habillée, serrant sa poupée contre son cœur. Sur elle, aucun papier ni information pour l’identifier. Petit détail: autiste, elle ne parle pas. Profes­seur de droit public à l’Université virtuelle du Sénégal, Abdou Diop témoigne de la vie de cette enfant sans aucune existence juridique, puisque tous ignorent sa nationalité. «Cela fait 4 ans que des démarches ont été entreprises pour elle, sans succès. L’État sénégalais n’accorde la citoyenneté qu’aux enfants de moins de six mois», poursuit le chercheur, membre de l’Observatoire sur les migrations, l’asile et l’apatridie (OMIRAS) du Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient. Ce diplômé fait partie du comité de recherche de ce regroupement qui s’intéresse aux personnes vivant avec un statut d’apatride. Un million en Afrique de l’Ouest et plus de dix millions à l’échelle mondiale. Cette situation les rend particulièrement vulnérables quand elles se déplacent d’un pays à l’autre.

Ndeye Dieynaba Ndiaye, qui termine sa thèse de doctorat en droit, a eu l’idée de ce regroupement auquel s’associent plusieurs professeurs et chercheurs de l’Université Laval, du Canada et de l’Afrique. L’un des axes de recherche porte sur les raisons qui poussent ces milliers de personnes à quitter leur pays dans des conditions si périlleuses. «Souvent, la vie rêvée, imaginée se termine en cauchemar, constate la juriste. Avec l’OMIRAS, on vise de la recherche-action pour informer les populations sur les pays de destination, trop idéalisés.»

L’Observatoire va également se pencher sur les barrières érigées par certains États à l’extérieur de leur territoire. Par exemple, Frontex, l’Agence européenne de contrôle des frontières, dispose d’un contingent de nombreux garde-côtes et garde-frontières pour mieux contrôler l’accès des étrangers à l’Europe. Ces mesures sécuritaires ont des conséquences sur la criminalisation des migrants irréguliers, des demandeurs d’asile et des réfugiés. Par exemple, certains Africains sont arrêtés pour avoir voulu rejoindre les pays du Nord, et incarcérés dans leur pays d’origine ou de transit, ce qui constitue un autre niveau de risques au parcours migratoire.

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Protéger les témoins du passé http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/proteger-les-temoins-du-passe/ http://www.contact.ulaval.ca/article_magazine/proteger-les-temoins-du-passe/#respond Tue, 25 Feb 2020 11:00:59 +0000 http://www.contact.ulaval.ca/?post_type=article_magazine&p=30008193 Plus d’un million trois cent mille objets et spécimens composent les collections de l’Université. Gérées administrativement par la Bibliothèque, elles comptent, entre autres, plus de 800 000 champignons, plantes invasculaires et vasculaires, plus de 375 000 insectes, 45 000 roches, …

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Plus d’un million trois cent mille objets et spécimens composent les collections de l’Université. Gérées administrativement par la Bibliothèque, elles comptent, entre autres, plus de 800 000 champignons, plantes invasculaires et vasculaires, plus de 375 000 insectes, 45 000 roches, fossiles et minéraux et plus de 20 000 mollusques. La collection d’oiseaux naturalisés comprend plus de 6500 individus. Sans compter le millier d’outils et d’ossements datant du Paléo­lithique, autant d’objets reflétant l’art populaire québécois, les textiles et les outils traditionnels et les quelque 750 moulages en plâtre de sculptures remontant à l’Antiquité et exposés dans de grands musées du monde, ainsi que quelques centaines de mammifères.

Responsable de ces collections durant 41 ans, Gisèle Deschênes-Wagner, qui a pris sa retraite en janvier dernier, les a vues prendre une expansion considérable. À son arrivée, à titre d’exemple, il n’y avait qu’une centaine d’œuvres d’art à gérer. Aujourd’hui, la collection en comprend quelques milliers.

«Nos collections sont belles et bien conservées, et leur réputation est excellente, tant dans notre milieu universitaire que dans celui des musées, affirme Gisèle Deschênes-Wagner. Les musées n’hésitent pas à communiquer avec nous pour nous demander si nous pouvons illustrer les thématiques qu’ils préparent. Cela dit, notre but principal consiste à appuyer étroitement l’Université dans sa mission d’enseignement et de recherche.»

Dans la caverne d’Ali Baba
La majeure partie de la réserve des collections occupe deux vastes locaux au pavillon Louis-Jacques-Casault. Le reste se trouve notamment au pavillon Charles-Eugène-Marchand, pour l’Herbier Louis-Marie, et au pavillon Adrien-Pouliot pour la collection de géologie-minéralogie. Le pavillon Louis-Jacques-Casault abrite plus de 450 000 objets et spécimens. On y retrouve notamment les collections d’anthropologie, d’appareils scientifiques, d’archéologie classique, des beaux-arts et d’entomologie. Pour la conservation des collections de sciences naturelles, un système d’atmosphère contrôlée, avec humidité et température stables durant toute l’année, a été installé.

«Les collections renferment plein de trésors, souligne Gisèle Deschênes-Wagner. Chacun des chercheurs, des professeurs ou des artistes qui utilisent les collections trouve sa merveille.»

Entrer dans la réserve du pavillon Louis-Jacques-Casault, c’est pénétrer dans un lieu intemporel et découvrir un très grand cabinet de curiosités. Une caverne d’Ali Baba, disent certains, considérant la grande variété d’objets qu’on y trouve. Des vitrines aménagées avec sobriété à l’entrée donnent au visiteur une idée de ce qui l’attend à l’intérieur. On atteint le bureau de la chargée de conservation et de restauration après avoir traversé d’étroits corridors aux hautes étagères surchargées d’objets.

Un événement marquant pour les collections est survenu en 1997. À partir de cette année-là, les collections, qui étaient dispersées sur le campus dans les facultés ou départements concernés, ont été réunies au pavillon Louis-Jacques-Casault, où elles sont aujourd’hui hébergées afin de mieux les conserver, mais surtout pour les rendre plus facilement accessibles aux professeurs et aux chercheurs.

Sur l’évolution des collections au cours des quatre dernières décennies, Gisèle Deschênes-Wagner dira qu’elles n’étaient utilisées que pendant les sessions d’automne et d’hiver, lors de ses premières années. «Maintenant, ajoute-t-elle, elles sont utilisées pendant toute l’année.»

La nouvelle retraitée insiste sur l’importance de conserver avec grand soin toutes les collections de l’Université en utilisant les meilleures méthodes muséologiques en la matière. «Nos collections d’insectes, d’oiseaux, d’ethno­logie et de pièces pathologiques, pour ne mentionner que ces exemples, sont des témoins du passé qui nous aident à mieux comprendre le présent et parfois à préparer l’avenir, soutient-elle. Les collections sont et seront toujours une source inépuisable de sujets de recherche pour les générations à venir.

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